JCG Production : Films d'horreur indépendants underground
90




INTERVIEWS LA FORET DES DEMONS

de Claire Mareda (octobre 2005)


Jean-Clément Gunter :
Mehdi Boccard :
Nicolas Bickel :
Floriza De Freitas :
Léonard Montandon :
Silao Matano :
Gérard Bottazoli :
Kristian Unell :
Gérard Bottazoli (maquillage et FX) :


Tu es directeur de Make-up Natural, école et studio de maquillages et d’effets spéciaux. Genève ce n’est pas Hollywood. Et pourtant, tu as ton entreprise dans cette ville, tout comme le réalisateur Jean-Clément Gunter y a sa maison de production. Vous voulez faire de Genève une ville du cinéma ?

Genève n'est forcément pas Hollywood, mais c'est moins la proximité des grands centres de production cinématographique qui nous intéresse, que les possibilités de donner des formations de qualité (mise en place de standards de qualité comme eduQua, proximité d'associations professionnelles, cadre général de vie, pays avec quatre langues nationales, etc.) Si Genève devenait la ville du cinéma, cela nous ferait néanmoins énormément plaisir puisque nous disposons dans notre ville de compétences variées et très riches. Malheureusement, trop de gens s'exportent à l'étranger. Nos propres activités se situent à Genève, Fribourg, Bâle et Neuchâtel. Peut-être qu'une de ces villes saura se montrer encore plus dynamique ?


Est-ce que tous les projets que vous recevez sont bons à prendre ou vous permettez-vous d'en refuser ?

Nous refusons énormément de projets, surtout des courts métrages, principalement par manque de temps. Nous essayons par contre, chaque année, de participer à un événement majeur tel le tournage de la Forêt des Démons, pour rester en phase avec l'actualité de notre métier, et pouvoir enseigner des techniques sans cesse renouvelées.


Comment prend forme un effet spécial ? Qui travaille dessus ?

C'est d’abord toujours un travail d'équipe, qui nécessite plusieurs compétences bien précises. Nous avons été nous-mêmes formés par deux spécialistes en effet spéciaux français, dont M. Guy Bonnel de Paris. Actuellement, je m'occupe des effets spéciaux "lourds" dont les prises d'empreintes, les moulages en silicone, en plâtre, la sculpture et le tirage des prothèses en mousse de latex ou en mousse polyéthurane. Pour ce qui est du maquillage en lui-même, je fais confiance à notre équipe de professionnels, dont M. Anker, directeur des formations. A noter que nous sommes les seuls en Suisse à proposer une formation sur la technique de latex mousse, technique identique à celle utilisée à Hollywood.


Es-tu tributaire du réalisateur ou vous laisse-t-il carte blanche une fois le projet établi ?

Carte blanche, certainement pas, et ce serait désastreux pour le film ! Un tournage est une aventure humaine et d'équipe qui nécessite que chaque professionnel présent puisse avoir les outils adéquats pour comprendre et expliquer quel est sa mission, le résultat à obtenir, etc. Le réalisateur dispose d'un script, d'une "vision" qu'il faut transposer dans la pratique. Ensuite, à nous d'y travailler, mais aussi de lui expliquer les limites de ce qui est faisable, les incidences du maquillage sur l’éclairage, sur l’angle de prise de vues, et sur d’autres détails techniques.


Est-ce que ce genre de projet est pris en compte dans la formation des élèves ou est-ce externe?

Il est pris en compte lors de la deuxième année de formation (PRO 2) uniquement, pour leur permettre d'acquérir une certaine expérience du métier et mettre en pratique leurs compétences apprises, c'est extrêmement important avant de chercher une place de travail !


Les démons sont vraiment très bien maquillés. Cela a dû être très dur à réaliser, surtout avec un petit budget et très peu de temps ?

Manque de temps, budget restreint, conditions de tournage ardues, cela fait partie des joies du métier ... mais je pense que notre slogan veut tout dire lorsque l'on fait mention de ces quelques difficultés passagères: "une passion ... une exigence artistique !"