L'acteur Nicolas Siorak qui incarne le rôle de l'enfant :

Nicolas Siorak, quel est le rapport spécifique que l’enfant
que vous incarnez a avec Yves, du même âge ?
Je dirais que l’enfant a deux relations différentes avec Yves,
il est tout d’abord sa victime, prise au piège du cercle initiatique
amorcé par Alfred pour Yves. Ensuite, dans la seconde partie du film,
l’enfant est comme une fenêtre ouverte pour Yves, lui dévoilant
la jeunesse et la vie. C’est ce rôle de fenêtre sur la vie,
contraire à celui d’Alfred, qui permet à l’enfant
et à Yves de se dégager de l’emprise que les psychopathes
exercent sur eux.
Y a-t-il eu, sur le tournage, des rapports de compétition
entre certains acteurs, et notamment entre vous et Nicolas Bickel qui interprète
Yves ?
Non, on ne peut pas parler de compétition sur le tournage, celle-ci
s’effectuant lors de la distribution des rôles. Je pense plutôt
que le fait de se sentir acteur nous a tous deux amené à être
le plus crédible possible, tout en nous conseillant mutuellement afin
d’améliorer certains points.
Quel est le caractère du personnage que vous jouez ? A-t-il
une personnalité particulière ou est-il davantage un archétype, celui
du jeune adolescent, et tout ce que cela représente de commun et de
général ?
On pourrait penser que l’enfant n’est qu’une représentation
stéréotypée d’un jeune adolescent, mais sa présence
en elle-même a pourtant bien un sens. Tout d’abord parce qu’il
est une représentation de l’innocence et du bien qui s'oppose à la barbarie
et à l’horreur du mal illustrée par le film. De
plus, cet enfant possède d’extrêmes capacités d’intelligence
et de compréhension bien plus développées que chez la
plupart des adolescents de son âge. Là encore celles-ci s’opposent
à l’extrême sadisme de ses tortionnaires.
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